Chargement... Merci de patienter quelques secondes...
 
 

     PIECES  DE  THEATRE  POUR  ENFANTS.

 
  
 
 
 
 
  
Max  VALLOTTE

LA  RONDE  POUR  MAMAN




250 000 Cliparts Mindscape

Saynète pour Garçons ou Fillettes

LES  EDITIONS  DU  CEP  BEAUJOLAIS
VILLEFRANCHE  (Rhône)


*

cinq personnages :

CAMILLE, 12 à 14 ans -- CLAUDE, 12 à 13 ans
MARIE ou JEAN-MARIE, 10 ans -- KIKI, 7 ans -- BEBE, 6 ans


Décor : un jardin

***



SCENE  I


CLAUDE,  CAMILLE


 
CLAUDE (en scène, l'air méditatif, marche de long en large). -- Embarrassant... très... extrêmement embarrassant !

CAMILLE (débouchant par une allée à gauche, derrière Claude, s'agite à sa vue). -- Ah ! Te voilà, pas trop tôt ; j'ai une idée !

CLAUDE (faisant volte-face, air moqueur). -- Une idée géniale, comme toutes celles qui sortent de ton cerveau ?

CAMILLE (s'arrêtant brusquement, les bras croisés). -- Et toi, tu as trouvé quelque chose ?

CLAUDE (sincère). -- Rien... absolument rien.

CAMILLE (gentiment, se rapproche de Claude). -- Alors, il ne faut pas être trop difficile. J'ai pensé, moi, qu'au dessert je pourrais lever mon verre en l'honneur de Maman et que vous crieriez tous : "Hourrah ! Hourrah ! pour Maman !"

CLAUDE. -- Et puis ?

CAMILLE. -- Et puis c'est tout. On boira le bon vin que papa aura monté de la cave, on mangera le gâteau que la cuisinière aura sûrement préparé.

 

SCENE  II


LES  MEMES,  MARIE


 
MARIE  (arrive en tapinois, a entendu la fin de la phrase ; bat des mains). Bravo ! Chic ! J'en suis, on mangera le dessert (comptant sur ses doigts) : crème, beignets, tarte ; on s'en mettra jusque là ! (passe la main sur ses yeux) Car je suis dans le secret : la vieille Louison mettra les petits plats dans les grands, cassera une douzaine d'oeufs et c'est moi qui battrai les blancs.

CLAUDE. -- Ca, c'est une idée... Oui, il faudrait faire chacun quelque chose qui prouve à Maman qu'on pense à elle, qu'on a fait un petit travail pour elle...

CAMILLE. -- Peut-être, mais nous ne pourrons pas aller en bande à la cuisine. Louison se fâcherait...

MARIE (interrompant). -- Non ! Non, ne venez pas. Louison vous chasserait à coups de balai, elle ne voulait déjà pas accepter mes services. Je l'ai embrassée trois fois avant qu'elle dise oui.

CLAUDE et CAMILLE (riant). -- On ne l'embrassera pas !



 
SCENE  III

LES  MEMES,  KIKI et BEBE

 
KIKI (tirant Bébé par la main en dansant et chantant). -- Tra... la... la... Tra... la... la... (à Bébé) Mais saute donc ! Quand on est content on danse, on chante : tra... la... la... tra... la... la... !

BEBE (se met à l'unisson et saute sur place en criant). -- Larirette... Larirette !

CLAUDE (venant aux enfants, les embrasse). -- A la bonne heure, vous avez le coeur gai, les gosses !

 
KIKI (avec ferveur). -- C'est pour la fête de Maman, on s'entraîne...
 
CAMILLE. -- Vous n'allez pas caracoler comme ça dans l'appartement, qu'est-ce que dirait le proprio qui loge au dessous ?
 
BEBE (trépignant). -- Si, je danserai autour de Maman qui m'a donné de bonnes jambes solides.

CAMILLE (se frappant le front). -- Tiens quelle idée... la riche idée. Si nous faisions la fête en deux temps ?

CLAUDE. -- Comment ça ?

CAMILLE. -- Premier mouvement dans le jardin, nous attendons l'arrivée de Maman qui rentre toujours pour midi : dès qu'elle paraîtra, on se prend par la main, on fait la ronde autour de Maman et chacun lui adresse un compliment.

KIKI (reprend de plus belle sa chanson en dansant). -- Tra... la... la... Tra... la... la... !

BEBE (tapant des pieds, criant à pleine voix). -- Larirette... Larirette...

CLAUDE (se tenant les côtes). -- Ce sera grotesque, vous ameuterez les locataires aux fenêtres.

MARIE. -- Mettez la pédale douce, les mioches, si vous voulez jouer avec nous pour faire honneur à Maman. Camille a une fameuse idée : adresser des compliments à Maman comme des grandes personnes à la mariée !

CLAUDE (riant toujours). -- De mieux en mieux ! Moi je n'en suis pas. Je préfère offrir à Maman les plus belles roses de mon jardin.

MARIE. -- Mais moi, je n'ai pas de jardin, la gymnastique c'est mon fort, je lui ferai des cabrioles.

CAMILLE. -- Allons, allons, trève de sottises. Arrêtez-vous tous un moment, réfléchissez un npeu. Inventez une petite phrase gentille pour dire à Maman que nous l'aimons de tout notre coeur.

TOUS. -- Oui, oui.

     Claude s'assied à terre les jambes croisées, à gauche de la scène. Marie à plat ventre, face au public, le menton entre les mains, les jambes repliées, ramenées sur le corps. Kiki sur le dos, les bras sous la tête, semble dormir. Bébé à genoux, les yeux au cieol, les mains jointes, attend l'inspiration. Camille debout à droite de la scène, le front dans la main. Une pause.

MARIE (éternue). -- Atchoum ! La terre est humide (se relève d'un bond). Ah ! non, pas ce ça : m'enrhumer ! pour que ma pauvre Maman soit obligée de me soigner, de passer ses nuits et de dépenser ses sous chez le pharmacien pour m'acheter des boules de gomme. (s'ébroue et fait les cent pas).

KIKI (bâillant). -- Ah, non, tu me réveilles, je rêvais que Maman m'endormait sur ses genoux comme quand j'avais deux ans et que j'avais pleuré.

BEBE. -- Est-ce fini, Camille ? Moi j'ai mal aux genoux et je ne sais pas quoi dire, mais j'embrasserai Maman à grand bras.

CAMILLE. -- Tu as raison, tu lui donneras baisers et caresses de la part de "son bébé" c'est ce qui lui fera le plus plaisir.

CLAUDE. -- Moi, je pense lui faire hommage du beau dessin qui m'a valu les félicitgations du professeur. Il ne se doute guère que c'est Maman qui m'a donné de si bons principes de géométrie et appris les lois de la perspective.

CAMILLE. -- Dame, toutes les mères ne sont pas aussi calées que Maman : coudre, laver et repasser au besoin, chanter, dessiner, faire des additions longues comme le bras et encore poser des ventouses telle une infirmière. On en chercherait des mères qui la valent !

MARIE. -- Elle est la plus belle et la meilleure.

KIKI -- Papa a de la chance qu'elle ne se mette jamais en colère... même quand il brûle la nappe avec sa cigarette.

BEBE. -- Tais-toi, faut pas le dire, papa a acheté une autre nappe pour la fête de Maman.

MARIE. -- Alors papa viendra dans le jardin faire la ronde avec nous ?

CAMILLE (vivement). -- Non, bien sûr, il sera dans la salle pour la seconde partie de la fête.

CLAUDE. -- Explique un peu ?

CAMILLE. -- Quand nous aurons formé une ronde joyeuse autour de Maman, nous l'entraînerons dans la maison...

MARIE. -- On chahutera tant qu'on pourra dans l'escalier !

CLAUDE. -- L'incorrigible !

CAMILLE. -- Et on entrera dans la salle à manger : les roses de Claude seront sur la table.

CLAUDE. -- Oui, qje veux bien, un gros bouquet, ce seront les premières.

KIKI. -- Les gâteaux aussi seront sur la table ?

CAMILLE. -- Evidemment !

BEBE. -- Moi, je crierai : "Papa, il faut venir !"

CAMILLE. -- Soit, bien sûr, il ne sera pas loin.

KIKI. -- Il voudra embrasser Maman le premier...

BEBE. -- Ah ! non, cr'est pas sa mère. Maman est à nous d'abord !

CLAUDE ( riant). -- Oui, mais c'est grâce à luii que nous avons une maman si bonne, s'il avait choisi une Madame Legras qui bat ses enfants, ou une Madame Dubat qui met les siens au lit sans souper...

MARIE. -- Papa n'a pas été si bête, il a regaérdé les demoiselles à marier du coin de l'oeiol,n c'est lui qui l'a dit, et il a choisi celle qui était généreuse pour les pauvres, polie et douce avec les vieux et qui aimait les petits garçons, les petites filles et qui savait les amuser, les faire jouer.

CAMILLE. -- Tiens, tiens, Papa t'a fait toutes ses confidences ?

MARIE. -- Il a dit ça à Grand-mère un jour et j'ai entendu. Grand-mère a répondu : "Vous avez eu raison, vos enfants hériteront de ses qualités".

CLAUDE. -- Ca c'est gentil. Il ne faudra pas faire mentir la grand-mère. Essayons de copier Maman, de lui ressembler.

MARIE. -- C'est cela qui lui ferait honneur !

KIKI. -- Alors plus de cabrioles et de chahut !

MARIE. -- Oh ! il y a un temps pour tout. Cela amuse Maman quand j'exécute des pirouettes. Je crois que lorsqu'elle était jeune elle était très agile et maintenant encore, elle grimpe à l'échelle pour mettre les rideaux.

CAMILLE. -- Nous pourrions bien l'aider un peu, Claude et moi. On n'y avait pas encore pensé !

CLAUDE. -- Oui, on lui éviterait de la peine, de la fatigue, pauvre Maman qui n'a jamais une minute pour s'amuser.

BEBE. -- Si, elle joue à pigeon-vole avec moi quand il pleut et que je ne veux pas sortir.

TOUS (excepté Bébé). -- Ah ! quel plaisir !

CAMILLE. -- Vite, en place pour la répétition.? Imaginons que la grille s'ouvre et que Mama apparaît.

TOUS (les bras levés). -- Voilà Maman, vive Maman !

     Les enfants se prennent par la main pour former une ronde.

MARIE (s'agitant). -- Mais il faut mettre quelque chose au milieu qui représente Maman.

CLAUDE. -- Tiens, voilà une chaise (la prend, la met au milieu de la scène).

CAMILLE. -- Et un râteau (l'appuie contre le dos de la chaise).

MARIE. -- Il faut l'habiller.

CLAUDE. -- Mon paletot sur la tête du râteau...
voilà (joint le geste à la parole).

KIKI. -- Mon tablier sur le dossier de la chaise, là, cachant le siège (étend bien son tablier).

BEBE. -- Mes sabots à ses pieds... (les dispose prestement).

TOUS, (riant). -- Ah ! que c'est drôle !

     Les enfants forment la ronde, tournent deux fois au chant de tra... la... la... larirette et s'arrêtent.

CAMILLE (face à la chaise, après un profond salut). -- Ma chère Maman, c'est la Fête des Mères, tous vos petits enfants veulent vous dire leur amour.

    
La ronde recommence, même chant, nouvel arrêt.

CLAUDE (après un salut à la chaise). -- En ce beau dimanche de printemps, tout sourit, tout chante, tout aime, c'est la Fête des Mères, la fête de notre Maman.

    Nouvelle ronde, même chant, même arrêt.

MARIE (pliant le genou devant la chaise). -- Je ne ferai point de cabriole, à vos genoux Maman, je déposerai mon coeur tout entier.

    Nouvelle ronde, même chant, même arrêt.

KIKI. -- Maman, je vous aime et vous dis merci pour tout ce que vous faites pour nous.

    Nouvelle ronde, même chant, même arrêt.

BEBE (avec fougue se précipite sur la chaise en criant). -- Moi, je t'embrasse à grands bras ! (bouscule la chaise qui recule : pris de peur, Bébé crie) Au secours, Maman, au secours !

CAMILLE (enlève Bébé dans ses bras, face au public,  les autres enfants font un cercle autour de Camille). -- La vérité sort de la bouche des enfants : Maman notre secours, Maman notre sauvegarde, Maman notre consolatrice, Maman notre amour !

TOUS  EN  CHOEUR. -- Maman nous vous aimons !

Tous envoient un baiser du bout des doigts vers le public.

 
RIDEAU

(Tous droits réservés)                               Max VALLOTTE







 


 

 
 
  Créez un site ou une boutique en ligne facilement et gratuitement