PIECES  DE  THEATRE  POUR  ENFANTS.

 
 

LA LEÇON D'HISTOIRE


Saynète d'Ann ROCARD


     (Dans une classe, la maîtresse est debout près du tableau, les élèves sont assis sur leur chaise derrière leur bureau. Un peut aussi être assis par terre si l'on n'a ni chaises ni tables).

LA MAÎTRESSE : Tout d'abord, la leçon d'histoire.

LES ÉLÈVES : Pas moi, m'dame !

LÀ MAÎTRESSE : Zéphirin !

ZÉPHIRIN : Qu'est-ce qu'il y a ?

LA MAÎTRESSE : Au tableau !

ZÉPHIRIN : Pour quoi faire ?
     (Les élèves rient).

LÀ MAÎTRESSE : Tout de suite ! Au tableau !

ZÉPHIRIN : (soupire). J'ai mal aux pieds... En plus, il faut tout le temps que je marche.

LUC : Vas-y à quatre pattes !

ZÉPHIRIN : Bonne idée !
     (Zéphirin va jusqu'au tableau à quatre pattes).

LA MAÎTRESSE : De quoi parlait la leçon d'histoire ?

ZÉPHIRIN : C'était l'histoire d'une histoire qui racontait l'histoire de l'histoire des arbres.

LA MAÎTRESSE : Qu'est-ce que tu racontes ?

ZÉPHIRIN : Ben oui, Napoléon, l'écorce des arbres !

LA MAÎTRESSE : Tu te moques de moi ?

ZÉPHIRIN : Ben non.

LA MAÎTRESSE : Napoléon LE CORSE ! Oui était né en Corse ! Tu sais où se trouve la Corse ?

ZÉPHIRIN : Ben non.

LA MAÎTRESSE : À ta place ! Zéro !

ZÉPHIRIN : Ce n'est pas juste. Pour la première fois de ma vie, j'apprends ma leçon et qu'est-ce que je gagne ? Un zéro comme Zéphirin ! Un zéro comme Zorro !
     (Zéphirin s'assied à l'envers sur sa chaise, le dos vers le tableau).

LA MAÎTRESSE : Charly ! Où est Charly ?

LES ÉLÈVES : Charly est absent.
     (On aperçoit Charly qui fait des grimaces, sous une table).

LA MAÎTRESSE : Caroline !

CAROLINE : (avec une toute petite voix) Je n'ai plus de voix...

LA MAÎTRESSE : Tu es malade ?


CAROLINE : Oui, je tousse...
     (Caroline se force à tousser puis elle sort un immense mouchoir -un torchon).


LA MAÎTRESSE : Qu'a fait Napoléon ?
     (Caroline se met à tousser comme une folle).


LA MAÎTRESSE : Caroline, va t'asseoir !
     (Caroline s'arrête immédiatement de tousser).

LA MAÎTRESSE : Sophie ! Qu'a fait Napoléon ?

SOPHIE : De bien vilaines choses ! Oh le coquin !

LA MAÎTRESSE : Tu as appris ta leçon d'histoire ?

SOPHIE : Bien sûr ! Vous savez pourquoi Napoléon portait des bretelles vertes ? Pour tenir son pantalon !
     (Les élèves rient).

LA MAÎTRESSE : Sors de la classe !


SOPHIE : Je vais en récréation avant tout le monde ? Super !

LES ÉLÈVES : Et nous ? Et nous ?

LA MAÎTRESSE : Ça suffit ! Tout le monde s'assied !

SOPHIE : Moi aussi ?

LA MAÎTRESSE : Non, toi dehors !
     (Les élèves obéissent en ronchonnant).


LA MAÎTRESSE : Thibault ! Qu'a fait Napoléon ?
     (Thibault réfléchit puis répond très vite).

THIBAULT : Napoléon était habillé comme un homme préhistorique. Il a découvert l’Amérique, la machine à éplucher les pommes de terre et la télévision. Son dernier disque : "Bonaparte mon amour" a été un vrai succès. Il a eu un accident de pédalo en 1980, avalé par une baleine à roulettes.
     (Tout le monde applaudit pendant que la maîtresse s'arrache les cheveux).

LA MAÎTRESSE : Je n'en peux plus... Ils sont complètement fous !

THIBAULT : (lui tapotant l'épaule) Calmez-vous. Cela va s'arranger. Vous êtes simplement un peu énervée.
     (Thibault retourne à sa place).

LA MAÎTRESSE : Si Francine ne répond pas correctement, tout le monde sera puni ! Francine, qu'a fait Napoléon ?

FRANCINE : Je ne sais pas s'il est dans cette école ; en tout cas, je ne le connais pas ! Et même si je le connaissais, je ne suis pas une rapporteuse... Et si je savais quelle bêtise il a faite, je ne vous le dirais pas ! Voilà !

LA MAÎTRESSE : Je vais chercher le directeur de l'école !
     (Les élèves se mettent à chanter et à danser pendant que la maîtresse sort).

LES ÉLÈVES : C'est les vacances ! Plus de pénitences ! Les cahiers au feu et les maîtresses au milieu...

CHRISTINE : Taisez-vous ! C'est moi la maîtresse, d'accord ?


LES ÉLÈVES : D'accord !

CHRISTINE : Napoléon est mort à Sainte-Hélène...

LES ÉLÈVES : Napoléon est mort à Sainte-Hélène...

CHRISTINE : Son fils Léon...
     (À ce moment-là, la maîtresse et le directeur entrent dans la classe. La maîtresse s'évanouit dans les bras du directeur).

LE DIRECTEUR : (frappe du pied par terre). Christine Brioche ! Dehors !


SOPHIE : Et moi, je peux rentrer ?

LE DIRECTEUR : Sophie Crocodile ! Tu vois cette porte ?

SOPHIE : (en faisant exprès de loucher). Non, la maîtresse m'a confisqué mes lunettes !
     (Les élèves rient. Le directeur met Sophie dehors).

THIBAULT : La maîtresse est fatiguée, monsieur le directeur. Il faut qu'elle aille se reposer, monsieur le directeur. Vous devriez la soigner, monsieur le directeur.

LE DIRECTEUR : Tout le monde dehors !

SOPHIE : Et moi, je peux rentrer ?

LE DIRECTEUR : Dehors !

THIBAULT : La maîtresse aussi ?

LE DIRECTEUR : DEHORS !

     (Les élèves sortent par la fenêtre. La maîtresse ouvre les yeux).

LA MAÎTRESSE : Où suis-je ? Je viens de faire un cauchemar.

DIRECTEUR : Mais enfin, qu'est-ce qui les a mis dans un état pareil ? Mademoiselle Pruprune, je vais vous faire renvoyer. Vous ne travaillerez plus dans mon école !
     (Les élèves écoutent attentivement).

THIBAULT : Vous avez entendu ? On ne peut pas le laisser renvoyer la maîtresse à cause de nous !

SOPHIE : Rentrons sans bruit.

     (Tous les enfants rentrent dans la classe sur la pointe des pieds, s'assoient à leur place et ne bougent plus).

LA MAÎTRESSE : Je suis désolée, monsieur le directeur. Je ne comprends pas ce qui s'est passé...
     (Le directeur se retourne et ouvre de grands yeux).

LE DIRECTEUR : Moi non plus, je ne comprends pas... Ils sont revenus !

LES ÉLÈVES : Qui ?

LE DIRECTEUR : Vous !

LES ÉLÈVES : Nous ?

SOPHIE : On n'a pas bougé d'un centimètre.


CHRISTINE : Vous avez dû faire un cauchemar.

ZÉPHIRIN : Vous êtes peut-être malade ?

LUC : Vous voulez qu'on appelle un docteur ?

LE DIRECTEUR : Je rêve debout... Je dors debout ? Vous avez raison : je vais aller me faire soigner à l'infirmerie. Je dois manquer de sommeil. Excusez-moi, mademoiselle Pruprune, je retire tout ce que je vous ai dit. Au revoir, mademoiselle Pruprune !

LA MAÎTRESSE : Au revoir, monsieur le directeur !


LES ÉLÈVES : Au revoir, monsieur le directeur !
     (Les élèves se mettent à chanter puis commencent une farandole. Thibault vient
chercher la maîtresse et la prend par la main).

THIBAULT : Venez danser avec nous ! Vous verrez : ça fait beaucoup de bien !

LA MAÎTRESSE : Tu as raison, Thibault. Pourquoi se rendre malade à cause de Napoléon ? Finalement, cet Empereur a fait pas mal de bêtises dans sa vie. Il a envoyé à la guerre des milliers de soldats qui auraient sûrement préféré rester chez eux. Alors, tant pis pour Napoléon ! On reprendra les leçons après la récréation !
     (La maîtresse et les élèves dansent et font une longue farandole, en chantant).

Napoléon est mort à Sainte-Hélène,
Son fils Léon lui a crevé l' bidon.
On l'a r'trouvé assis sur une baleine
En train d’ sucer les fils de son cal'çon.

 

- R I D E A U -


     Pour toute représentation publique de cette pièce, même gratuite, il faudra prendre contact avec l'auteure :

annrocard@wanadoo.fr


       On poura trouver d'autres textes sur son site :

http://www.annrocard.com/
 


     Henri Dès a écrit deux chansons sur ce thème :
les bêtises à l'école dans l'album les bêtises.

et papier ribouldingue et punaise dans l'album flagada.

 
     Les deux chansons peuvent être jouées en pantomime facilement intégrables dans un spectacle (avec déclaration à la SACEM).

 


 



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